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PREMIER ROMAN

Bienvenu(e)s,

Les aventures de Lilhandra Young me viennent d'un rêve totalement loufoque que j'ai fait il y a quelques mois déjà... Comme j'aime écrire, j'ai décidé de jeter les bases ici de mon premier roman.

Chaque semaine, un nouveau chapître viendra s'ajouter au précedent un peu à la façon d'une série TV. Je compte sur vous pour me donner votre avis et laisser des commentaires.

A très bientôt j'espère...


karaloris@karaloris.com
Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /2009 10:52

Central Park avait repris ses activités habituelles comme si de rien n’était. Les joggers, les mordus du rollers ou tout simplement les salariés soucieux de prendre un bol d’oxygène avant leur confinement dans des bureaux climatisés avaient repris possession des lieux, poussés par la clarté sans faille d’un ciel printanier. Seule une zone restreinte, entre le Lake et Cherry Hill, demeurait interdite à quiconque ne possédait pas un uniforme ou une plaque.


Lyl’Lee, flanquée d’Angus et Seamus, avançait d’un pas décidé vers les deux agents de police en faction devant la bande jaune délimitant la zone d’investigation. Bien que tous les relevés d’indices aient été effectués, Lyl’Lee avait besoin de réajuster son point de vue directement sur le lieu des faits après les hypothèses évoquées la veille lors du débriefing. Lilhandra avait soulever un lièvre : tous les faes ne sont pas des anges… Ainsi, elle avait passé le reste de la nuit à se retourner dans son lit, cherchant un quelconque moyen de rattraper ce qu’elle considérait comme une faute impardonnable. Personne ne pouvait le savoir et personne ne lui en voudrait d’ailleurs puisque aucun membre de l'équipe n'avait pensé à inclure les seelies et unseelies dans la recherche d’indices. Mais elle ne pouvait se résoudre à en partager les conséquences. Après tout, elle avait été la première, avec une équipe complète d’experts scientifiques, sur les lieux de l’enlèvement et pas une fois les ces SurNats ne lui étaient venus à l’esprit. Le visage levé vers le ciel et les paupières closes, Lyl’Lee huma l’air comme si elle avait été en apnée depuis plusieurs minutes. Le Fluide du kidnappeur s’était en grande partie dissipé et son aura devenue insaisissable mais elle espérait tout de même mettre la main sur quelque chose de probant.


Du haut de son mètre cinquante deux, Lyl’Lee n’avait rien d’impressionnant. Ses cheveux auburns coupés à la garçonne et ses yeux verts pétillants de malice en étaient la cause principale. Les premiers mots qui venaient à la bouche de quiconque la voyait étaient lutin ou farfadet et cela avait le don de la mettre en rogne. c'était comme comparer un chien et une licorne ! Tout deux étaient des mammifères et avaient quatre pattes mais la comparaison s'arrêtait là !  Mais aujourd’hui, elle avait justement plutôt l’air d’avoir perdu son chien… Et avec son tailleur noir, elle était prête pour aller à ses funérailles… Bref, ce qu’elle considérait comme la bavure du siècle avait boulotté sa bonne humeur habituelle. Elle y avait repensé toute la nuit. Elle n’avait pas trente six solutions pour redresser la barre. Il lui fallait invoquer la Magie Elfique, qui prenait sa source dans la nature elle-même, pour lui servir d’hôte et en dompter le Fluide afin d’évoquer son elfshot sacré.


Lyl’Lee était particulièrement fière de cet elfshot dédié uniquement aux rituels magiques qu’elle avait fabriqué elle-même à partir d’un silex sacré de la montagne Tylwyth teg Munt qu’elle était allée chercher pour l’occasion. Lyl’Lee avait apporté un soin tout particulier aux entrelacs et symboles sculptés relatant l’histoire de son clan et de sa famille. Les elfshots issus de cette montagne avaient la réputation d’être mortels, pouvant pénétrer la chair avec une telle force et une telle vitesse qu’ils atteignaient les organes vitaux visés sans laisser de lésion sur la peau. C’était pour cela qu’elle avait demandé au meilleur tailleur d’elfshots de Brug na Boyne la capitale du pays d’Erin de lui créer une collection complète d’elfshots militaires portant les armoiries de sa famille avant d’intégrer l’équipe terrestre de l’AFIS.


Lorsque la maison royale avait organisé les épreuves destinées à élire l’elfe qui devrait la représenter auprès du gouvernement humain, Lyl’Lee n’avait pas hésité une seule seconde. Appartenant au corps de chasse de la maison royale en tant que meilleur archer, elle s’était entraînée durement pour être à la hauteur et faire honneur à sa famille. Le fait d’être une femme ne lui avait pas facilité la tache mais sa ténacité à aller au bout des choses et son optimisme sans faille lui avaient valu d’être dans les cinq candidats potentiellement sélectionnables. De plus, son étude poussée des techniques de combat humain lui avait donné un avantage certain. Bref, elle s’était préparé pour l’œuvre de sa vie et l’échec n’était pas une option envisageable. Finalement, son hardiesse combinée à son savoir et à son agilité lui avait valu d’être déclarée officiellement vainqueur. Quelques lunes plus tard, Lyl’Lee bouclait ses coffres et entamait son grand voyage vers le Monde Premier qui avait tant fait travailler son imaginaire depuis qu’elle était enfant.


Son arrivée dans le Monde Premier fut un choc. Les habitations humaines touchaient les nuages et la Magie Technologie était omniprésente. Cela faisait deux années humaines maintenant qu’elle vivait dans le Monde Premier. Son appartement à Battery Place, juste en face du par cet du front de mer, était très agréable à vivre une fois qu’elle s’était habituée aux us et coutumes humains. Mais loin de toute nature elfique, elle avait senti sa magie fondre comme neige au soleil. Aussi, partait-elle tous les mois dans la forêt pluviale du comté de Washington afin de se ressourcer et de retrouver son mode de vie elfique le temps d’un week-end. Un sourire malicieux étira ses fines lèvres. Son dernier voyage datait d’une semaine et elle était au mieux de sa forme. Avec son elfshot rituel et la magie elfique dont elle débordait, cette bavure ne serait plus qu’un mauvais souvenir.


Alors que Lyl’Lee se concentrait, l’air se troubla tout autour d’elle et quelques mots quasiment inaudibles s’échappa de ses lèvres. Un magnifique elfshot anthracite se matérialisa juste devant ses yeux, flottant et oscillant comme l’aiguille d’une boussole à la recherche du Nord. Les bras légèrement écartés, paumes dirigées vers le sol, la jeune Elfe ferma les yeux et prit de nouveau une grande inspiration puis dicta ses instructions à l’elfshot en lévitation. Au fur et à mesure que les paroles rituelles étaient prononcées, des symboles s’inscrivirent dans l’air en lettres d’or. L’Elfshot se mit à émettre un son grave tel un bourdonnement d’abeille tandis qu’il absorbait les paroles magiques. Piqués de curiosité, quelques badauds s’agglutinèrent le long de la ligne de démarcation, amenant les deux policiers en uniforme à ranger leur curiosité dans leur poche et à redoubler de vigilance. Leur capitaine avait été très clair sur le sujet, pas de frasque en présence des agents de l’AFIS. Et surtout pas de bavure…


Tandis que Lyl’Lee sondait les alentours avec son elfshot rituel, Seamus, posté sur les épaules d’Angus, recherchait des résidus de Magie jusque dans la cime des arbres. Si un SurNat s’était caché dans l’arbre et y avait pratiqué un rituel quelconque, il devait forcément y avoir des traces résiduelles de magie : sur les feuilles, les branches, l’écorce de l’arbre.


Seamus, gobelin de son état, n’était pas un être particulièrement sympathique et s’en foutait comme de sa première dent. Ses compétences relationnelles s’arrêtaient aux seuls membres de l’équipe et il était perché sur les épaules de son seul véritable pote. Bref, il se savait être une tête de con doublé d’un talent inné pour ce qui était du cynisme et vivait avec sans que cela lui cause le moindre remords. Mais s’il était une chose sur laquelle on ne pouvait rien lui dire, c’était le boulot. Et là, il avait beau scruter jusque le dessous des feuilles ou sonder le cœur des bourgeons, il n’existait aucune empreinte liée à la Magie. Non pas que ces traces aient pu disparaître ou avoir été effacées. Non. Il était certain qu’il n’y en avait jamais eu. Seamus jeta un coup d’œil vers le bas. Il se trouvait à près de trois mètres du sol et à peine à quelques mètres de l’endroit où les témoins avaient dit avoir vu disparaître la victime. Pourtant, il ne trouvait rien, à part la pelouse et l’eau du lac.


Lyl’Lee était une chouette nana mais là, elle déconnait complètement. Ils avaient attendu trop de temps pour un second scan et si, par chance, ils trouvaient un résidu magique, il resterait à prouver qu’il appartenait aux kidnappeurs et non pas à un changeling ailé qui se serait posé sur une branche pour piquer un petit roupillon. De plus, sans scan et donc sans preuve matérielle, ce qu’ils trouveraient ne serait pas recevable.


Il savait parfaitement ce qui trottait dans la tête de l’elfe. Lyl’Lee n’était pas quelqu’un qui se satisfaisait de la moyenne. Il fallait que chaque entreprise dans laquelle elle s’engageait débouche immanquablement sur une victoire. Le fait d’être peut-être passé à coté de quelque chose avait un arrière goût d’échec pour elle. Et la dernière fois que cela s’était produit, elle était devenue presque aussi imbuvable que lui. Reste à savoir ce qui serait pire : trouver quelque chose et ne pouvoir l’utiliser ou bien ne rien trouver du tout…


- Alors, il fait beau là-haut ? s’esclaffa Angus tandis que Seamus se débattait pour ressortir des feuillages.


- Fais-moi redescendre…


- Pas avant que tu m’ais dit s’il va pleuvoir pendant le match des Dodgers ce soir.


- Suis pas une putain de grenouille ! Si tu veux savoir le temps qu’il fait, t’as qu’à lever ton gros blair et renifler l’air. Avec un peu de chance, tu pourras même te moucher dans un ballon-sonde !


Angus éclata d’un rire tonitruant qui fit sursauter les deux flics toujours occuper à contenir les curieux. Lyl’Lee fit lentement retomber ses mains et l’elfshot disparut. Balayant une dernière fois des yeux les abords du Lake, Lyl’Lee se rapprocha de ses collègues.


- Rien de mon coté non plus, constata Lyl’Lee, sourcils froncés. Il y a bien quelques traces de Magie mais le Fluide s’est dissipé depuis le temps et je crains fort que mes prélèvements d’aujourd’hui ne fassent double emploi avec ceux du labo… Nous n’avons plus rien à faire ici les gars. Nous passons donc à l’étape deux : l’enquête de proximité.


Les deux hommes la regardèrent comme s’ils attendaient que la foudre tombe enfin.


- Et c’est tout ? Pas de grosse colère ? pas d’insultes incompréhensibles ? demanda Angus, d’un air ravi.


- Ben, non. Que veux tu que je dise de plus ? Le fait de ne rien trouver est plutôt une bonne chose les gars. Sinon on serait dans la panade jusqu’au cou avec des indices inexploitables. Et comme le dit si bien notre chef vénéré : évitons le plus possible de passer pour des brèles !


- Ah oui ? Bon, ben alors tu me dois cinquante dollars, rétorqua Angus en se tournant vers Seamus qui tirait une tronche de six pieds de long.


- Ben oui, c’est tout : et gnagnagna ! Putain, on peut vraiment plus compter sur personne ! J’aurais mieux fait de rester couché ! marmonna Seamus tandis que les autres éclataient de rire.


Il était tout juste onze heures lorsque Lyl’Lee, Seamus et Angus pénétrèrent dans le cabinet de courtage Cavanaugh & Portmann Society. Les investigations à Central Park n’ayant rien donné, tous espéraient que le cabinet de courtage où travaillait Dayton recèlerait quelques informations, voir un début de piste…


Tandis que Seamus et Angus passait au crible le bureau de Brad Dayton, Lyl’Lee interrogeait tour à tour le personnel de la société. Alors qu’elle sortait un petit magnétophone sur la table, un grand gaillard s’installa face à elle. Après un entretien avec les deux dirigeants et les huit employés, qui s’avéraient être tous humains, il en était ressorti la pire chose qui soit : Brad Dayton était un employé exemplaire sans histoire et apprécié de ses collègues. Bref, pas l’ombre d’une piste… Si elle n’obtenait rien de probant, il leur faudrait visiter les delis et les diners aux alentours, l’interrogatoire des voisins de Dayton n’ayant pas donné grand chose non plus.


- Cela ne vous dérange pas que j’enregistre notre entretien ? Vous êtes ?


- Larry Haldorf.


- Alors Larry… Que pouvez-vous me dire sur Brad Dayton ?

Par Kara LORIS - Publié dans : ROMAN
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