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PREMIER ROMAN

Bienvenu(e)s,

Les aventures de Lilhandra Young me viennent d'un rêve totalement loufoque que j'ai fait il y a quelques mois déjà... Comme j'aime écrire, j'ai décidé de jeter les bases ici de mon premier roman.

Chaque semaine, un nouveau chapître viendra s'ajouter au précedent un peu à la façon d'une série TV. Je compte sur vous pour me donner votre avis et laisser des commentaires.

A très bientôt j'espère...


karaloris@karaloris.com
Samedi 8 août 2009 6 08 /08 /2009 11:29

Térésa Sanchez commençait à avoir l’habitude des visites des forces de l’ordre depuis la disparition de Brad Dayton. Elle gérait aussi bien que possible ce petit immeuble où les résidents cherchaient avant tout sécurité et tranquillité mais depuis deux jours, les passages répétés de la police puis de l’AFIS, commençaient à rendre les locataires un tantinet nerveux. En tant que concierge, sa mission était aussi bien de maintenir les lieux communs dans un état de propreté absolue que de s’assurer de la quiétude de ses locataires.

 

Les deux agents de l’AFIS qui l’attendaient à la porte de sa loge alors qu’elle recherchait le double des clés de Brad Dayton étaient encore différents de ceux de ce matin. Moins effrayants en tout cas. Selon elle, l’homme tenait autant de l’hidalgo que du crooner et elle devait bien admettre qu’il était fabuleusement séduisant, lui rappelant ces acteurs des années cinquante. Mais un physique aussi avantageux devait forcément cacher quelque chose de monstrueux. La femme, elle, semblait tout ce qu’il y avait de plus humain. Pas vraiment belle avec ses cheveux tirés en arrière et son blouson d’aviateur porté par dessus un débardeur et un jean tout ce qu’il y avait de simple. Mais là aussi, l’habit ne fait pas le moine. Depuis l’annonce officielle de la création de l’AFIS, bon nombre d’humains avaient fait part de leur satisfaction de voir une brigade spéciale s’occuper des problèmes que pouvaient générer les SurNats. Pas Térésa Sanchez. Si elle craignait les SurNats en temps normal, ceux-là lui fichaient une trouille d’enfer parce qu’ils avaient maintenant un pied dans le système judiciaire et c’était loin de lui plaire. Quant à ceux qu’elle avait accompagnés ce matin, et notamment le petit monstre avec ses griffes noires et ses yeux jaunes plein de haine, elle ne leur aurait jamais confié ne serait-ce qu’un lance-pierre. Enfin, ceux-là étaient sensés représenter les « gentils »… Sa plus grande crainte était que l’un de ces monstres emménage dans l’immeuble. Là, pour le coup, elle aurait très certainement donné sa démission. La vie à New York était déjà assez dangereuse comme cela sans pour autant courir après le danger. Levant les yeux au ciel en signe de contrariété, Térésa Sanchez glissa le trousseau dans la poche et précéda les deux agents fédéraux avant de les inviter à la suivre dans l’escalier.

 

- L’appartement de Monsieur Dayton est le 302. Il n’y a que deux appartements par étage. Le 301 est occupé par Madame Travis et ses deux enfants. Elle est absente la journée. Elle travaille dans une banque. Mais j’ai déjà dit tout cela à la police ainsi qu’à vos collègues qui sont passés ce matin. Et la police a déjà visité l’appartement hier.

 

- Nous savons tout cela Madame Sanchez et nous sommes ici uniquement pour vérifier que tout à bien été fait dans les règles afin de ne négliger aucune piste, annonça Rachel d’une voix douce afin d’apaiser la gardienne.

 

Flairer une piste serait plus exact, pensa intérieurement Matt tendit qu’il enlevait le trousseau de clés des mains Térésa Sanchez avant de déverrouiller la porte. Matt poussa la porte de l’appartement de Dayton puis s’effaça pour céder le passage à Rachel tandis que la concierge, se tenait sur le pas de la porte, hésitant un instant à entrer. Celle-ci pénétra enfin dans l’entrée, alluma la lumière. Réprimant sa peur, elle suivit les deux agents. Elle appréciait monsieur Dayton qui, contrairement à d’autres locataires qui ne se souvenaient d’elle qu’en cas de besoin, avait toujours un bon mot à son égard. De plus, il n’oubliait jamais les étrennes de fin d’année. Il était hors de question qu’elle laisse naviguer ces créatures démoniaques dans son appartement, fouiller ses affaires ou prendre quoi que ce soit. Elle témoignerait s’il le fallait. Rachel était déjà dans le salon, figée, comme si elle attendait un événement particulier.

 

- Animal… Félin apparemment…souffla Rachel à Matt en se figeant brusquement.

 

- Oui, je l’ai senti…

 

Rachel réprima un frisson. Un félin. Il ne manquait plus que cela… En tant qu’oiseau, sa peur viscérale des félins venait de refaire surface, faisant tressauter ses entrailles. C’était idiot car avait une envergure de près de deux mètres et un poids avoisinant les quarante kilos sous sa forme animal, seuls les très gros félins pouvaient être véritablement dangereux. Et à New York, les matous de cette taille, ça ne court pas les rues… Devant l’immobilité de Rachel, Matt se mit à la recherche de l’animal. Le logement de Dayton, un petit loft au troisième étage d’un vieil immeuble restauré, était aménagé de manière typiquement masculine. Béton ciré, inox et cuir étaient les matières de prédilection de l’appartement et la froideur du métal se mariait à merveille avec la texture chaude du cuir brun qui envahissait la pièce. La cuisine, un monobloc d’inox et de béton n’était séparé du salon que par un bar servant de table. Matt jetait un coup d’œil aux alentours quand ses sens hypersensibles de lycanthrope furent brusquement assaillis par une odeur âcre et ammoniaquée. Il contourna prudemment le bar, suivant la piste de l’odeur qu’il avait senti.

 

- Hmmm. Apparemment Brad Dayton ne vivait pas complètement seul. Je viens de trouver une magnifique litière commenta Matt. Puis, se redressant, ses yeux se posèrent tour à tour sur une gamelle en inox parfaitement nettoyé. Ouvrant un des placards, il remarqua toute une série de boites de conserve de crabe, de thon, de saumon et de crevettes. Par contre, le frigo était désespérément vide. Quelques tranches de pain de mie dans une boite plastique, une plaquette de beurre bien entamée, une tomate quelque peu flétrie et un yaourt qui était arrivé à sa date limite de consommation.

 

- Et pas n’importe quel chat… Ce royal greffier mange mieux que son maître !

 

Térésa Sanchez, qui surveillait discrètement les faits et gestes des agents fédéraux, émit un petit raclement de gorge.

 

- Monsieur Dayton a un chat dont il est très fier. Il fait beaucoup de concours et ils ont remporté beaucoup de prix !

 

Alors que Matt repassait dans le salon, il s’arrêta près de l’étagère où se trouvait une multitude de livres, DVD et CD. Tout était impeccablement rangé. Pire, il y avait une certaine maniaquerie dans ce rangement. Les films étaient classés par ordre alphabétique tout en préservant un harmonie visuelle. Les CD étaient classés par interprètes qui étaient eux-mêmes classés par ordre alphabétique. Il en était de même pour les livres et les revues qui bénéficiaient en plus d’un classement chronologique. Sur l’étagère la plus basse, une série d’albums photos à couverture de cuir brun ou vert foncé, étaient parfaitement alignés. Tous, sauf un. Sa couverture bleu ciel représentait en son centre un chaton endormi dans un panier rempli de pelotes laine. Totalement kitch, il dépareillait de l’ensemble harmonieux qu’avait créé Dayton. A l’intérieur, une centaine de photos de chats. Non, de photos du même chat. Chat à la mer, Chat à la montagne, Chat dans des concours de beauté… La vie de Dayton semblait tourner autour de son chat. Pas étonnant qu’il n’ait pas de petite amie régulière !

 

- Viens voir par là, lui lança Rachel, qui s’était éloigné vers le fond de l’appartement.

 

De grands et fins voilages gris et blancs délimitaient l’espace nuit composé d’un lit rond recouvert d’un couvre-lit et de coussins en fausse fourrure d’un endroit tout à fait particulier. Une multitude de coussins du même genre que ceux du lit de Dayton étaient disposés en tas à même le sol, une pot de fleur où poussait une herbe verte et dense ainsi qu’un arbre à chats monumental étaient disposés avec soin. Une boite en bois avec tout un tas de jouets pour chat était rangée dans un coin et une vieille bûche de bois installée contre le mur était labourée de coups de griffes. Enfin, tout un équipement de toilettage composé de shampoings secs, de peignes, de brosses et d’un coupe-griffe trônait fièrement dans une corbeille en osier.


- Si ce n’est pas aimer son chat, ça… ironisa Matt.

 

- Oui, c’est la chambre de Félix, indiqua la concierge.

 

- Félix ? s’exclamèrent en même temps les deux agents de l’AFIS.

 

- Oui, Félix, le chat de Monsieur Dayton.

 

- Bien et où est-il actuellement ce chat ? demanda Matt

 

- Et bien justement… Personne ne le sait. Ce n’est pas un chat fugueur et j’ai déjà demandé à madame Travis qui a l’habitude de s’en occuper lorsque Monsieur Dayton est en déplacement. Elle ne l’a pas vu non plus. D’ailleurs, elle m’a demandé de voir avec la police pour Félix. Elle est prête à adopter l’animal vous savez… Alors si cela ne pose pas de problème… continua la concierge.

 

- Il s’est peut-être sauvé lorsqu’ils ont ouvert la porte. Félix est un peu la mascotte de l’immeuble, commenta la gardienne. Parfois, quand son maître sort, il vient jusqu’à à la loge ou alors chez Madame Travis. Elle a deux enfants qui ont pris l’habitude de s’occuper de Félix lorsque son maître est en déplacement.

 

- Il s’est peut-être sauvé lorsque la police est venue hier. Il sortira de sa cachette lorsqu’il se sentira en sécurité. Quant à l’adopter, c’est peut-être un peu tôt mais si Madame Travis à l’habitude de s’occuper de lui, cela ne devrait pas poser de problème, l’interrompit Matt, seulement si l’animal est retrouvé, vous seriez gentille de nous prévenir.

 

La concierge hocha la tête en signe d’assentiment avant de les suivre de nouveau dans le salon.

 

- Monsieur Dayton semble être un homme très ordonné, remarqua Rachel.

 

- Ca vous pouvez le dire ! Il a fait appel à plusieurs sociétés de ménage et il n’a jamais été satisfait des employées qu’on lui avait adressé. Alors depuis, c’est moi qui fait son ménage une fois par semaine. C’est pas que ce soit pénible mais monsieur Dayton est très exigent et j’ai une liste de consignes longue comme le bras ! Enfin… C’est un brave homme. Et pas marié. Je lui ai dit plusieurs fois qu’il ferait un bon mari. Mais à chaque fois il se met à rire comme si je venais de lui raconter la dernière blague à la mode !

 

- Gay ? demanda Matt

 

- Oh non ! Je ne crois pas… Il reçoit des dames parfois… Mais maintenant que vous le dites, ça fait un moment que je n’ai pas vu de femme redescendre de chez monsieur Dayton…

 

- Merci madame Sanchez. Nous allons prendre quelques photos pour notre dossier. Nous prenons aussi l’ordinateur portable et les papiers personnels de Monsieur Dayton puis vous pourrez refermer derrière nous. Je vais vous laisser ma carte pour le cas où vous auriez d’autres informations à nous communiquer. Et surtout prévenez-nous immédiatement si quelqu’un se présente pour Monsieur Dayton ou si quelqu’un demande à entrer dans l’appartement pour une raison quelconque.

 

- Et pour le chat ? renchérit Térésa Sanchez d’une voix hésitante.

 

- Et pour le chat, confirma Rachel.

 

Matt et Rachel venaient de quitter l’immeuble de Dayton lorsque le portable de ce dernier se mit à sonner.

 

- C’est notre chère Madame Sanchez, commenta Matt avant de décrocher.

 

- Tu lui as tapé dans l’œil, ricana Rachel.

 

Matt afficha un sourire de star hollywoodienne. S’il n’avait pas fini par un clin d’œil humouristique et levé le pouce à la Mister Bean, Rachel aurait été certaine qu’elle venait d’effleurer l’égo démesuré de son collègue. Matt reprit un air sérieux avant de porter son téléphone à l’oreille.

 

- Bien, je vous remercie de nous avoir contactés, répondit-il au bout de quelques secondes tandis qu’il remettait son téléphone portable dans la poche intérieure de sa veste.

 

- Alors ? demanda Rachel avec curiosité.

 

- Alors nous allons rendre une petite visite à la société TV&Sat. Ils sont venus installer un nouveau décodeur à Brad Dayton pas plus tard qu’avant hier en fin de journée. Elle n’y a pas pensé sur le coup car c’est son mari qui s’est chargé d’accompagner l’installateur. C’est en rangeant ma carte dans son carnet d’intervention qu’elle a remarqué leur passage.

 

- Juste quelques heures avant sa disparition ! Il faut qu’on mette la main sur le technicien en question ! Il est le dernier à avoir vu Dayton…

 

- Tout à fait et tu sais quoi ? La société se trouve à deux rues d’ici.

 

- Et bien allons-y mais après, il faut que je mange… Je meure de faim.

 

- Ca, c’est la mission numéro deux… Nourrir toute une meute d’agents fédéraux affamés avant le briefing.

Par Kara LORIS - Publié dans : ROMAN
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