Jeudi 5 novembre 2009
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La porte avait claquée si fort que pendant plusieurs secondes, il entendit les jérémiades interminables de ses voisins. Ils n’allaient
pas le faire chier ! Ce n’était vraiment pas la soirée ! Et puis quoi ! Depuis six ans qu’il vivait dans cet appartement, ils n’avaient jamais eu à se plaindre de lui. Bien au
contraire. Il avait tout fait pour se montrer poli et discret en toute circonstance. Et là, ce soir, alors qu’il n’allait pas bien du tout et que son humeur avait liquéfié son sel-contrôle une
toute petite fois, ils gueulaient comme des putois comme s’il était coutumier du fait ! Qu’ils aillent tous se faire foutre !
- Allez tous vous faire foutre ! marmonna t’il en balançant son sac de sport dans un coin de la cuisine et en fonçant vers la
salle de bains. Passant un peu d’eau sur son visage, il commença à lister les dégâts. Il avait l’arcade sourcilière ouverte, la lèvre fendue et le nez cassé, sans compter les nombreuses griffures
et les hématomes qui allaient mettre quelques heures à apparaître. Avec de telles blessures, il n’avait pas eu d’autre choix que de se faire soigner à l’hôpital puis de déposer une plainte
fictive auprès des flics pour agression. C’était risqué, mais les blessures étaient bien trop conséquentes pour qu’il les justifie par une chute dans l’escalier ou un accident de bricolage. Et si
en plus les flics trouvaient un pigeon correspondant au portrait robot qu’il avait inventé pour l’occasion, il n’en serait que plus crédible.
De retour dans la cuisine, il sortit une bière et un reste de pizza froide de son frigo puis alla s’installer sur le canapé avant
d’allumer la télé et de zapper frénétiquement à la recherche de bulletins d’informations locales. Il fallait qu’il sache ce qui se disait sur le fiasco dont il était l’auteur.
A cette idée, sa colère resurgit de nouveau, l’assaillant de pensées malsaines et faisant bouillir son sang dans ses veines. Il avait
merdé sur toute la ligne. Pourtant, il s’était bien préparé. Il avait fait tout le nécessaire pour réussir cette mission. D’un regard vide, il fixa l’écran de télévision comme si sa vie en
dépendait. Rien. Absolument rien. Malgré sa foirade et le bordel qu’avait foutu l’AFIS à Central Park, aucune information, même succincte, n’évoquait les évènements de la soirée. Pourtant, la
magie peu discrète des sorciers du gouvernement avait du se voir sur des kilomètres à la ronde. Quand aux gyrophares qui avaient transpercé la nuit pendant des heures et au raffut qu’avait fait
la dizaine d’agents, humains ou SurNats, il fallait vraiment être con pour ne pas se poser de question. Alors, il était vraiment étonnant qu’aucun fouille-merde n’ait pointé son nez là-bas. A
moins que l’AFIS n’ait mis son veto et fait de la rétention d’information. De toute façon, c’était tout à son avantage. Moins on parlerait de son travail, plus vite il pourrait atteindre son
objectif. A condition aussi qu’il n’ait pas d’autre mauvaise surprise d’ici là ! Fulminant de rage, il balança la croûte de sa part de pizza dans un cendrier, s’alluma une cigarette et
s’installa derrière son ordinateur. Il avait fait tous les moteurs de recherche, fouiller tous les sites spécialisés, qu’ils appartiennent à des fans ou bien à des scientifiques réputés. Ils les
avaient tous classés en fonction de leur crédibilité et de leur contenu. Il savait qu’il avait fait un gros travail de préparation mais il fallait qu’il en ait le cœur net. Il devait vérifier
s’il n’avait pas laissé échapper une information cruciale, même si cela lui paraissait peu probable. Il avait passé des heures entières sur ces sites et les connaissait par cœur. Mais, peut-être
que la fatigue accumulée lui aurait-elle fait sauter une ligne ou deux, mais certainement pas des informations aussi cruciales que celles qui avaient failli lui coûter la vie ce soir. Dans son
dos, la chaîne d’informations continuait de déblatérer son laïus habituel de mauvaises nouvelles mais il n’entendait déjà plus rien, concentré qu’il était sur sa nouvelle mission : savoir où
il avait bien pu commettre une erreur.
Pendant des heures, il revisita un à un tous les sites qu’il avait enregistré, relu chaque texte ligne après ligne, vérifiant aussi
bien les nouveautés que les archives.
- Enfoirés de lycanthropes… Ainsi, vous avez encore des secrets à cacher aux humains… Plus pour longtemps, je vous le garantis…
murmura t-il avant d’écraser son énième mégot dans le cendrier puis de cliquer sur le forum du site qu’il étudiait.
Il était près de trois heures du matin quand il se décida enfin à éteindre son ordinateur. S’étirant à s’en faire craquer la colonne
vertébrale, il se leva et d’un pas traînant se dirigea vers la cuisine où il ramassa son sac de sport et le posa sur la table. Puis il ouvrit un grand sac poubelle en deux en guise de nappe avant
de sortir le contenu de son sac.
- A nous deux, salope ! grogna t-il en contemplant les deux jambes inertes de sa victime.
Par contre, c'est bizarre qu'il dise qu'il a besoin d'aller à l'hosto mais qu'il retarde à ce point sa visite. Les flics et les médecins vont comprendre qu'il a quelque chose à cacher s'il met plusieurs heures avant de se déclarer, non? Ou il revient de l'hôpital et je n'ai pas tout compris? ^^;
Allez, j'ai hâte de voir Lilhandra et Marat se mesurer à lui! ^^
Z'allez lui péter la teutê, les gars!