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PREMIER ROMAN

Bienvenu(e)s,

Les aventures de Lilhandra Young me viennent d'un rêve totalement loufoque que j'ai fait il y a quelques mois déjà... Comme j'aime écrire, j'ai décidé de jeter les bases ici de mon premier roman.

Chaque semaine, un nouveau chapître viendra s'ajouter au précedent un peu à la façon d'une série TV. Je compte sur vous pour me donner votre avis et laisser des commentaires.

A très bientôt j'espère...


karaloris@karaloris.com
Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 11:25

Rachel n’avait jamais vraiment eu d’affinité avec Lilhandra. SurNat d’origine terrienne, elle n’avait que peu de sympathie pour les arrivants d’Alter Mundia, toutes races confondues. Ils avaient un monde, une culture et pour certains des pouvoirs tels qu’ils pouvaient faire revenir l’Homme à l’âge de pierre. Elle avait toujours considéré comme une erreur de les accueillir à bras ouverts et de leur permettre de vaquer à leurs affaires sur Terre. Il lui semblait évident que la cupidité avait pris le dessus sur la prudence ! Mais la nature humaine était ce qu’elle était… Pourtant, Rachel devait reconnaître que la fée avait du cran même si à l’instant présent, elle n’en menait pas large. Si elle ne s’était pas déjà enfilée au moins un litre de café depuis qu’elles étaient arrivées à son appartement, peut-être que son air faussement détaché aurait pu la tromper.

 

- Vous voulez encore du café, Rachel ? demanda Lilhandra.

 

- Je préfère m’abstenir avant d’avoir dans les veines plus de caféine que de sang… marmonna la changeling. Et cesse donc de me vouvoyer, on n’est pas à la Maison Blanche !

 

- Bien… Mais je vais quand même refaire du café…

 

- Lilhandra, pourquoi es tu venu à New York ? commença Rachel en hésitant.

 

- A l’époque où ma mère régnait sur nos cités, j’ai eu la chance de pouvoir entendre les récits des voyageurs d’entre-les-mondes. Vois-tu, mon… métier, si je puis dire, était de copier et de sauvegarder notre savoir et d’enrichir nos connaissances.

 

- un peu comme les moines copistes avant Gutenberg ?

 

- Euh… oui, on peut dire cela comme ça… Je me suis prise de passion pour ces chroniques de voyage que je recopiais. Au fil du temps, j’ai commencé à me poser pas mal de questions : la guerre avec les vampires était-elle vraiment inévitable ? Pourquoi nous a t’elle poussé à abandonner notre terre natale ? Pourquoi après ce schisme, nos espèces ont-elles évoluées si différemment alors que nous avions partagé tant de siècles ? Pourquoi nous aviez-vous oublié ?

 

- Nous ne vous avons pas vraiment oubliés, rétorqua Rachel, embarrasée.

 

- Non, Vous nous avez rangé dans vos mythes et légendes. Vous avez nié notre existence pour mieux vivre la vôtre. Vous nous avez écrasé dans l’oubli… Mais... J'imagine que nous ne pouvons vous en blâmez, nous vous avions abandonné dans une période funeste et il a suffit d’un homme pour vous faire oublier qui nous étions, pour vous faire renier votre appartenance à la magie.

 

- Je ne comprends pas.

 

- Vous avez préférer donner crédit à une religion qui encensait l’histoire d’un homme qui multipliait les miracles tout en décrétant que la magie était démoniaque. N’est ce pas un peu paradoxal ?


- Parles tu de Jésus, le fils de Dieu ?

 

La fée acquiesça d’un hochement de tête.

 

- Vous avez créé des lois religieuses afin de soumettre les plus faibles d’entre vous à une volonté divine que seuls, certains élus, étaient capables d’entendre. Endoctrinés, vous nous avez renié et pourchassé avant de vous détruire les uns les autres. Vous avez voulu annihiler ceux qui, par amour pour vous, sont restés auprès des Hommes. Et tout cela au nom de quelqu’un qui n’a jamais existé. Et vous vous êtes soumis une religion qui a asservi des milliards d’individus… Vous avez choisi ce que vous appelez le Purgatoire alors que nous vous offrions le Paradis…

 

- Comment oses-tu dire une chose pareille… Je ne peux te laisser dire que Dieu n’existe pas… J’ai grandi dans la foi, il m’a permis de retrouver la paix quand j'en ai eu le plus besoin… Il a sacrifié son fils pour le salut de l’Humanité… La Bible nous a appris à nous aimer les uns les autres et…

 

- Tu parles de Jésus de Nazareth comme d’un homme extraordinaire… Ne vous est-il jamais venu à l’esprit qu’il pouvait être Fae ou bien tout simplement illuminé ? Que cette œuvre littéraire retraçant sa vie n’était rien d’autre que le premier best seller de l’Humanité ? Non, vous avez décrétez qu’il était un Humain sélectionné par une essence divine étrangère à tout ce que vous aviez pu connaître alors…

 

- Alors, durant des siècles, vous nous avez surveillés ? la coupa Rachel, mal à l’aise par le tournant que prenait la conversation.

 

Lilhandra se radoucit. Sans s’en rendre compte, elle avait laissé la passion envahir son discours et il fallut le changement de sujet opportun provoqué par Rachel pour qu’elle en ait conscience. Rougissante, la fée baissa la tête en balbutiant.

 

- Au début, oui. Elfes et Seelies étant les êtres les plus proches physiquement des humains, cette mission était pour nous. Mais contrairement aux Elfes, nous craignions les vampires plus que tout aussi nous faisions notre maximum pour nous tenir à l’écart. Puis vous avez développé une forme d’intelligence très supérieure à la nôtre pour créer vos sociétés de besoins et de consommation et vous avez commencé à empiéter sur la Nature. En faisant cela, vous avez détruits une grande majorité de nos portails. Si nous avons réussi à en sauver quelques uns, nous savions qu’un jour viendrait où nos deux mondes seraient définitivement séparés. Même si cela a pris du temps, nous nous sommes unifiés, toutes races confondues pour mener une action commune contre ce qui serait une coupure irréversible d’avec notre monde natal. C’est à ce moment là que vos SurNats ont décidé de vivre au grand jour. Nous y avons vu un signe du destin et avons profiter de cette occasion pour réapparaître dans vos vies. Nous ne pouvions nous résoudre à perdre les derniers liens qui nous unissaient à vous. Puis la politique est entrée dans la partie et nous avons trouvé des terrains d’entente.

 

- Mais vous avez changé de gouvernement et tu te retrouves expédier chez nous…

 

- Ne te méprends pas, du temps de ma mère, j’étais volontaire pour venir dans le Monde Premier. Mon souhait était de rencontrer vos historiens et tenter d’établir des parallèles dans nos évolutions respectives. Apprendre les uns des autres. Ma mère a perdu son combat. Mais en tant que Quayan Faeryn, je n’ai commis aucun crime contre le nouveau gouvernement aussi ais-je connu la prison plutôt que la mort. Mais je suis de lignée royale et je pourrais exiger un jour un nouveau duel pour reprendre la place qui me revient de droit. C’est pourquoi je suis ici.

 

- Et donc la gratte-papier que tu es se retrouve aujourd’hui dans une unité spéciale. Il n’y a pas à dire, elle a de la suite dans les idées votre nouvelle reine… Et ton pays ne te manque pas ?

 

- Chaque jour un peu plus… répondit la fée à mi-voix.

 

- Pourtant tu sembles très bien t’adapter ici, comme la plupart des tiens d’ailleurs… Tu sembles même plus new-yorkaise que moi, parfois !

 

Lilhandra ne put s’empêcher d’émettre un petit rire sarcastique avant de venir s’asseoir près de Rachel.

 

- Ai-je vraiment le choix ? répondit-elle d’une voix douce cette fois. Je dois m’adapter ou mourir. Crois-moi, si je pouvais rentrer chez moi, je le ferais.

 

- Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, bafouilla Rachel en s’empourprant.

 

Les yeux dans le vague, la jeune fée ne sembla pas prêter attention à la réponse qui venait de lui être faite.

 

- Discuter avec les arbres me manque… Contempler les bans de sirènes au coucher du soleil me manque… Le doux murmure de la rivière argentée, le chant des lyres des prêtresses de Séléna, le parfums des fleurs de miel, la chaleur de la terre, les gens de ma contrée, mes amis… Ma mère, à qui je n’ai pu offrir une cérémonie digne de ce nom… Ecrire et retranscrire des pages entières de notre histoire, de nos civilisations et de nos cultures pour les préserver et les offrir aux générations suivantes… Tout cela me manque à un point que je ne saurais le dire. Et rien ici, pas même votre fabuleuse Magie Technologie, ne me fera oublier tout ça…

 

- Ainsi, c’est ce à quoi nous avons renoncé, selon toi ?

 

Lilhandra hocha la tête en signe d’acquiescement.

 

- Un jour, tu rentreras chez toi…

 

- Oui, mais certainement pas grâce à eux, murmura Lilhandra en pointant son menton vers la porte d’entrée alors que l’interphone venait de retentir.

 

Lilhandra quitta le canapé avec nervosité pour ouvrir la porte.

 

- S’ils m’emmènent, je…

 

- Personne ne t’emmènera… l’interrompit Rachel avec véhémence.

 

- Bien… fit la jeune fée avant d’ouvrir la porte sur deux Seelies aux allures fort peu sympathiques. Un homme et une femme, tous deux vêtus d’un uniforme austère aux différentes tonalités de gris contrastant violemment avec l’étoffe soyeuse dans laquelle ils avaient été taillés, jetèrent un coup d’œil rapide à la pièce avant d’arrêter leur regard sur Rachel puis entrèrent dans l’appartement en s’inclinant respectueusement face à Lilhandra.

 

- Cet entretien est sensé être privé, commença la Seelie. Votre amie humaine pourrait-elle nous laisser seule un moment ? A moins que vous vous sentiez suffisamment en forme pour nous accompagner jusqu’à l’ambassade ? Ainsi, vous pourriez prendre des nouvelles d’Alter-Mundia et de vos proches et, pourquoi pas, ramener quelques produits locaux, nous venons juste de recevoir des fruits des jardins de lumière et…

 

Avant que Lilhandra n’ait eu un le temps de prononcer un mot, Rachel s’était levée pour rejoindre le trio qui n’avait pas bougé de l’entrée, sa plaque de l’AFIS à la main.

 

- Je ne suis pas une amie mais un agent de l’Agence Fédérale des Investigations Surnaturelles à laquelle Lilhandra La Jeune a été incorporée en accord avec le protocole d’aide et d’échange Seelie. Accord que votre nouveau gouvernement n’a toujours pas signer. De ce fait, seule prévaut la loi actuellement en vigueur dans ce monde. Je vous rappelle ainsi que vous n’êtes pas, ici, en territoire Seelie mais Américain. Vos lois et vos requêtes ne peuvent donc en aucun cas surpasser les nôtres. Toutefois, je suis là pour témoigner du bon déroulement de cet entretien réalisé dans le respect de chacun et faire un rapport circonspect à notre gouvernement. C’est que nous tenons à cœur le bien-être et les intérêts de nos alliés Alter-Mundiens placés sous notre protection.

 

Un petit sourire naquit au coin des lèvres de Lilhandra. Qu’avait-elle lu déjà dans le dossier de Rachel ? Ah, oui ! sortie première de sa promotion en droit international…

 

Les deux envoyés de l’ambassade seelie se regardèrent un instant puis l’homme prit la parole.

 

- Nous nous réjouissons de l’intérêt que porte votre gouvernement à cette collaboration entre espèces. Effectivement, il se peut qu’avec les évènements qui ont conduit à un nouveau gouvernement dans notre contrée, la signature de ce protocole d’accord ait pris du retard et que nous nous soyons involontairement déchargés sur vous de la prise en charge des nôtres dans votre monde. Nous en avons conscience et sommes là pour… rectifier le tir, comme vous dites car il se trouve que ma collègue ci-présente a exactement la même mission que vous. De toute évidence, nos gouvernements semblent faits pour s’entendre et nous comprenons la nécessité que cet entretien se déroule sur votre sol et sous votre autorité.

 

- Dans ce cas, permettez à votre Quayan Faeryn de vous offrir le café et quelques pâtisseries. Il s’agit d’une coutume humaine répandu dès lors qu’il s’agit d’accueillir des amis.

 

Soulagée, Lilhandra se dirigea d’un pas alerte vers la cuisine tandis que Rachel invitait les Seelies à s’asseoir. Peu importait les sentiments de Rachel à son égard, elle savait maintenant que cette dernière l’assisterait jusqu’au bout. De plus, elle se félicitait d’avoir pensé à demander à Athanor d’assister secrètement à cet entretien. Lilhandra était certaine, et il le lui avait confirmé, qu’il pouvait identifier ses visiteurs Seelies ainsi que leur affinité politique. Connais ton ennemi, avait conclut Athanor avant de disparaître. Plaçant le pichet de café ainsi que des brownies et des cookies sur un plateau, elle afficha un sourire factice sur ses lèvres avant de faire face aux siens pour la première fois depuis son arrivée. Aussi bête que cela puisse paraître, elle ne se sentait enfin plus seule.

Par Kara LORIS - Publié dans : ROMAN
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